Archive | Lectures RSS feed for this section

Un roi sans lendemain, Christophe Donner

24 Mar

Un roi sans lendemain, Christophe Donner, Grasset, 2007, 384p.

Henri Norden est écrivain et on lui propose d’écrire un scénario sur Louis XVII pour le cinéma. Le problème, c’est qu’il a une vision très personnelle de la vie de l’enfant du Temple et de la
façon dont il faut la raconter. Le récit mêle l’histoire d’Henri, de sa vie amoureuse et de ses déboires avec la productrice du film et l’histoire de la Révolution française, centrée sur la
figure du Père Duchesne, célèbre journal de la Révolution et sur celle de l’enfant du Temple, Louis XVII.

Ce livre est écrit à la troisième personne, mais l’auteur joue avec la notion d’autobiographie en faisant dire à son héros, écrivain lui aussi : « Le véritable défi, c’était d’écrire à la
troisième personne. Parler de lui comme d’un personnage, qui n’était pas tout à fait lui, ça, il n’avait jamais osé. » Et le nom du héros est un anagramme du nom de l’auteur.

La forme du roman suit la vie du personnage et de son projet : au début, c’est un scénario pour un film et il raconte l’histoire à travers ses rencontres avec la productrice et les lettres qu’il
écrit aux différents acteurs pressentis pour les différent rôle. Ensuite, il décide finalement d’en faire un livre et à partir de là nous lisons son travail pour ce livre et le narrateur ne
revient presque plus sur la vie privée de l’écrivain héros de ce livre (oui, c’est un peu compliqué…)

J’ai trouvé l’histoire de Louis XVII plus intéressante que celle d’Henri Norden. Ce qui est curieux, c’est que je n’ai pas bien vu où l’auteur voulait en venir avec cette construction : si ce
procédé de mise en abîme est juste un prétexte pour raconter la vie romancée de Louis VII, pourquoi accorder tant de place à la vie de l’écrivain au début du livre pour l’abandonner presque
totalement ensuite? En plus, j’ai été un peu gênée par la vision des méchants révolutionnaires sauvages et de la courageuse famille royal, même si c’est un peu plus nuancé que ça.

Du coup, ça donne envie de se replonger un peu dans l’histoire de la Révolution française qui est, semble-t’il un peu plus complexe que mes souvenirs scolaires…

Donc un plaisir de lecture par certains aspects certes, mais qui me laisse quand même un peu perplexe.

Trois ombres de Cyril Pedrosa

20 Mar

9782756004709.gif

Trois ombres de Cyril Pedrosa, Delcourt (shampooing), 2007

 

Joachim vit avec ses parents dans une maison au milieu de la campagne. Leur vie est heureuse jusqu’à l’apparition de trois ombres qui restent à distance de la maison presque en permanence sans
jamais approcher ni se laisser approcher.

Peu à peu, il faut se rendre à l’évidence, elles sont venues pour emporter pour Joachim avec elles. On ne sait pas pourquoi. La mère se résigne, mais le père veut garder son fils coûte que coûte
et entreprend un grand voyage jusque par delà la mer pour leur échapper.

J’avais déjà lu et aimé des BD dont Cyril Pedrosa était dessinateur et j’ai beaucoup aimé histoire et dessin. C’est pourquoi quand j’ai vu cette BD dont il est l’auteur complet, je n’ai pas
hésité une seconde. En plus le dessin est en noir et blanc, ce qui me donne un nouveau point de vue sur son art.
Ce récit est très attachant, il est tout en douceur et subtilité, dans un univers imaginaire et assez intemporel proche du conte. On ne sait pas tout de suite où l’auteur veut nous emmener et
c’est tant mieux!

Bref, j’ai beaucoup aimé cette BD et bien sûr je vous la recommande. Je suivrai avec attention les nouvelles publications de cet auteur.

Moi je etc de Aude Picault

20 Mar

9782915920161.gif

 

Moi je etc de Aude Picault, Warum, 2007

 

Alors  là on est dans le coup de coeur…

Cette petite BD est la suite de « Moi je » et comme sont titre l’indique est autobiographique. Il est question ici d’amour et de travail (elle est jeune et débute dans la vie active) et c’est
marrant, touchant, tellement vrai, léger, profond, bref, j’adore!!

Ce sont de petites chroniques de la vie quotidienne qui mises bout à bout forme une histoire. En plus cette toute petite Bd par sa taille est très mignonne, ce qui fait que quand on la voit sur
la table devant la caisse à la librairie, on n’a plus qu’a la rajouter sur sa pile de BD qui était pourtant bien assez conséquente!

J’adore aussi son dessin qui est aussi tout en légerté et colle parfaitement à cette histoire.

Bref, on m’avait prêté la première, j’ai acheté la deuxième et je pense que ma prochaine étape va être de l’offrir à tout le monde!

Je vous fait donc un petit coup de pub pour l’éditeur qui est un petit éditeur et doit donc en avoir besoin (je ne sais d’ailleurs pas du tout ce qu’ils font d’autre, c’est à creuser!)

Warum

et pour Aude Picault qui je l’espère nous donnera une suite!!

 

 

Château l'attente

14 Mar

Château l’attente de Lynda Medley, Editions ça et là, 2007

                               

Cette bande dessinée à été écrite par Linda Medley, auteur indépendante américaine et surtout qualifiée de féministe. Cette BD à été accueillie à grands cris comme souvent quand une femme
s’exprime en BD. Donc c’est merveilleux, c’est féministe, wouahou…

Bon, j’avais beau me méfier (c’est dans ma nature) j’ai fini par craquer… surtout quand j’ai commencé à enfin trouver des critiques négatives… Et oui, je sais bien que d’habitude ce sont les
critiques positives qui donnent envie de lire quelque chose, mais finalement, l’inverse est vrai aussi… pour moi en tout cas!!

Les premières pages sont un rappel de l’histoire de la Belle au bois dormant, mais la suite va vous révéler ce qui va se passer ensuite dans ce château abandonné par la princesse.

En effet, que sont devenus toutes ces personnes qui font tourner un château?

Une jeune femme fuit son mari violent avec son bébé avec pour but de se réfugier dans ce château qui est devenu un havre de paix et un refuge pour tous. On va connaître peu à peu l’histoire des
habitants de ce château et comment ils en sont arrivés là.

J’ai assez aimé cette histoire, qui m’a souvent fait pouffer, tant les rebondissements sont loufoques par moment. Par exemple le bébé de la jeune fille est très laid avec un nez horrible et la
peau verte. A chaque fois que quelqu’un le regarde, il s’exclame « oh qu’il est laid! », ce à quoi la maman répond invariablement avec un air ravi « c’est tout le portrait de son
papa. »

Je n’ai pas trouvé ce livre si féministe qu’on le dit partout, mais certaines trouvailles m’ont fait bien rire. Mais je trouve que sur la fin, elle tire un peu trop sa dernière trouvaille dont je
ne peux rien révéler, c’était vraiment une surprise!

Dans l’ensemble, j’ai plutôt aimé, mais je n’ai pas trouvé que c’était le chef d’ oeuvre tant vanté. Je suis quand même contente de mon achat.

Par contre, mon copain n’a même pas souri une seule fois en le lisant…

Le gourmet solitaire

9 Mar


Le gourmet solitaire, Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

Au cours de différentes promenades pour le travail ou pour l’agrément, un homme explore la gastronomie de son pays, le Japon. C’est l’occasion pour le lecteur de découvrir la nourriture japonaise
et aussi les pratiques qui vont avec. Par exemple, le personnage commande de temps en temps des plats qu’il ne connaît pas et s’inquiète souvent de savoir s’il a bien fait de commander ce plat
qui possède le même ingrédient qu’un autre. On apprend aussi qu’au Japon, les pâtisseries et sucreries sont réservées au femmes (j’ai eu l’occasion depuis de relire ça dans Non Non Ba). Lors
d’une de ses promenades il trouve une pâtisserie où il n’est pas indécent d’entrer pour un homme seul…

Ce manga est tout en douceur, en délicatesse et donne une envie irrépressible de manger japonais et de découvrir autre chose que les éternels sushis… Ce qui est fait depuis grâce au quartier
japonais de Paris!! Il donne aussi envie de se balader au Japon car on découvre différentes régions. Je recommande chaudement ce manga à tous ceux qui ont envie de découvrir un aspect de la vie
quotidienne au Japon. Et si ça n’est pas déjà fait vous pouvez aussi découvrir du même auteur « Quartier lointain » et dans un autre registre « Le sommet des dieux »,
adaptation d’un roman sur l’alpinisme.

Lu et apprécié ici aussi!