Très cher frère de Riyoko Ikeda

8 Fév

Misonoo Nanako rentre dans une prestigieuse école de fille où il est de tradition tous les ans de faire entrer quelques élues dans un cercle très fermé : la fraternité. Les critères pour y entrer sont une famille prestigieuse, sa richesse, son éducation ou encore sa beauté. Et si vous vous demandez ce que ça peut apporter aux élues, c’est simple : « On peut assister à de nombreuses fêtes, fréquenter l’élite, suivre des cours particuliers ou des leçons dans différents arts féminins, être conseillée sur la manière d’être la plus belle possible et rencontrer des jeunes hommes d’exception. » Cette fraternité est présidée par la magnifique Fukiko Ichinomiya. Bien que ça puisse vous échapper, toutes les jeunes filles rêvent d’être sélectionnées pour faire partie de cette fraternité…

Il ne faut bien sûr pas perdre de vue qu’on est au Japon dans les années 70 et de toutes façons, l’intrigue de ce manga n’est pas seulement liée à la participation ou non à cette fraternité, mais aux relations ambiguës entre les personnages. En effet, la douce Fukiko est en fait un tyran absolu envers sa demie-sœur, malade et garçon manqué (on la surnomme d’ailleurs St Just, à croire que Riyoko Ikeda a quelque chose avec la révolution française!!). Un autre personnage emblématique va s’opposer à elle : Kaoru Orihara (surnommée par les autres élèves Son altesse Kaoru). Misonoo va bien sûr être au cœur de tout ça puisqu’elle est contre toute attente admise dans la fraternité et qu’elle refuse d’être soumise à sa présidente qui voudrait contrôler ses fréquentations.

Il est assez difficile d’entrer dans cette histoire qui paraît visuellement très gnan-gnan (on pense souvent à Candy en voyant les personnages) avec ses étoiles dans les yeux, les fleurs ou les éclairs qui traversent l’arrière plan, des personnages qui pleurent pour un oui pour un non, bref des sentiments toujours très exacerbés et sur-représentés graphiquement. Car l’histoire en elle même met en scène des personnages écorchés par la vie (même si les raisons de ces problèmes sont très datés car il y est beaucoup question d’enfants bâtards, du déshonneur d’être la 2ème femme, etc…) d’ailleurs, il n’y aura pas happy end…

J’ai trouvé assez intéressant de lire ce manga qui d’après la postface a marqué un tournant dans le shojo manga, inventant notamment certains codes graphiques qui perdurent aujourd’hui.

Mais ce n’est pas tout, dans cet univers féminin, toutes les élèves semblent amoureuses d’un des trois personnages emblématiques de cette histoire. Misonoo va vivre une année scolaire très riche qui la fera grandir et la poussera à la réflexion car appartenir à un cercle élitique n’est pas de tout repos, surtout quand les raisons de cette appartenance semblent assez louche. Car ici il y a beaucoup de manipulation et d’amours déçues voire trahies.

« Au lieu de respecter les poncifs du conte de fée, et les modèles sexuels de la société japonaise, comme le font trop souvent les auteures de shôjo manga. Ikeda met en scène un monde d’âme torturées, d’amours ambigües, d’où transpire sa vision libertaire de l’existence. »

La mise en page aussi est révolutionnaire car Ikeda à profité du son succès avec Lady Oscar pour ne pas se laisser imposer de parution par chapitre mais opter pour une narration plus fluide et d’un seul tenant.

Même si ce manga est très daté dans sa forme et dans ses situations (la fille de l’auteur porno ne peut pas avoir d’ami, la correspondance que l’héroïne avec un étudiant qu’elle considère comme son grand frère est extrêmement mal vu, il y a même un moment ou les personnages passent sous des fenêtres d’où on entend le cours d’anglais et les phrase parlent d’une fille qui pense qu’il est temps de se marier et d’assurer ainsi son avenir et sa stabilité…) l’histoire est plus profonde qu’il n’y paraît au premier coup d’œil et son intérêt historique vaut le détour… D’ailleurs je pourrais encore en parler pendant longtemps mais je préfère que vous fassiez votre idée! Alors bien sûr, ce n’est pas un coup de cœur ni le manga qu’il faut avoir dans sa bibliothèque, mais le lire peut être très intéressant je pense…

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4 Réponses to “Très cher frère de Riyoko Ikeda”

  1. Ori 8 février 2010 à 19:13 #

    Pour moi c’est surtout un manga bouleversant, St Just m’a marquée à jamais je crois!
    Mais bon le dessin animé est sûrement à voir avant pour être encore plus touché!

  2. emmyne 8 février 2010 à 21:19 #

    Cela fait un moment que je tourne autour, simplement du fait que c’est un manga signé par l’auteur de La Rose de Versailles !

    • Loula 8 février 2010 à 21:28 #

      @Ori : C’est vrai que je l’ai acheté car j’ai une copine qui n’arrête pas de me dire depuis des années que ce dessins animé est bien mieux encore que Lady Oscar. Mais là il m’aura fallu quand même deux lectures pour prendre la pleine mesure de ce manga (et encore…)
      @ Emmyne : Oui c’est vrai que j’ai La rose de Versailles à la maison mais du coup, je crois que celui-là m’a plus marquée finalement…

  3. emmyne 12 février 2010 à 12:22 #

    J’ai enfin ajouté le lien !

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