Archive | décembre, 2008

Sans parler du chien de Connie Willis

30 Déc

Sans parler du chien ou Comment nous retrouvâmes enfin la potiche de l’évêque de Connie Willis

9782290324912Au XXIème siècle (tiens, mais c’est maintenant ça, non?) le voyage dans le temps est une pratique courante. Mais il a été abandonné aux historiens dès qu’il a été établit qu’on ne pouvais pas rapporter d’objets du passé et les crédits font cruellement défaut puisqu’aucun profit n’est à espérer…

Lady Schrapnell a justement de l’argent à donner en contrepartie de quoi elle envoie des historiens faire des sauts dans le temps afin de reconstruire la cathédrale de Coventry à l’identique, avant sa destruction pendant un bombardement de la seconde guerre mondiale. Ned Henry, un historien réquisitionné pour l’occasion souffre d’un déphasage aigu en raison de trop nombreux sauts dans le temps. C’est pourtant le seul disponible pour aller aider une autre historienne, à réparer un paradoxe temporel qu’elle a causé en sauvant un chat de la noyade en 1888.
Voilà donc nos deux héros à l’époque victorienne, en train d’organiser des kermesses et de discuter spiritisme et poissons de collections pour essayer de former les couples qui auraient dû se former et de défaire celui qui s’est fait à la place. Tout ça en essayant de retrouver la potiche de l’évêque et de comprendre comment une telle incongruité temporelle est possible, l’enjeu étant rien moins que l’avenir du monde libre.
Ce roman a été un vrai plaisir de lecture, une découverte due au swap victorien (ne cherchez pas, il n’était pas dans mon colis), je ne regrette pas de l’avoir gardé celui-là! L’histoire est un mélange entre science-fiction (avec principalement les sauts dans le temps et les paradoxes temporels) et roman victorien car finalement 90% du roman se passe à cette époque avec tous les personnages qui en viennent. On n’a finalement pas tant qua ça l’impression de lire de la S-F. C’est aussi une énigme et une enquête.

L’auteur fait beaucoup de références littéraires, à « Trois hommes dans un bateau » au début car c’est de là qu’elle tire son titre (j’ai d’ailleurs envie de le lire maintenant…), à Agatha Christie pour les enquêtes et les énigmes justement mais aussi, et là je sens l’attention de certaines se réveiller, à Wilkie Collins (que je ne connaissais pas du tout il y a encore un mois, je pense que je vais devoir m’y mettre aussi…). Pour ce dernier, attention tout de même la fin de son livre « Pierre de lune » y est racontée, ce qui m’enpêchera de découvrir par moi même le roman que l’on considère comme le premier roman policier anglais. Pour compléter le tout, il y a beaucoup d »humour dans la narration et très peu de temps morts…

Bref, une lecture que je vous recommande chaudement et qui fait partie, vous l’aurez deviné, du courant steampunk! Mot qui fait tout à fait barbare à côté des moments si victoriens et civilisés que ce livre m’a fait passer…

Edit du 26/05/09 : à la reflexion, même si j’ai trouvé ce livre sur une liste de livre qui rescence des titres de steampunk , je ne suis quand même pas sure qu’on puisse vraiment dire que ce livre fait parti de ce courant car pour moi le postulat de base du steampunk c’est que ça se passe dans une époque victorienne futuriste, là ce n’est pas du tout le cas puisqu’il s’agit d’un voyage dans le temps et que l’époque victorienne est tout ce qu’il y a de plus victorien!

Arthur, l’autre légende ; Philip Reeve

28 Déc

Arthur, l’autre légende, Philip Reeve, Gallimard (scripto)

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En Bretagne (Angleterre, donc), vers les années 500, Wynna est une petite fille, servante dans une ferme quand une bande de chevalier viens piller la village et tout brûler et tuer sur son passage. Elle est recueillie par Myrrdin, le barde d’Arthur qui rêve de voir la Bretagne unie et l’envahisseur Saxon repoussé par delà les mers. S’il a pris Wynna sous son aile, ce n’est pas par bonté d’âme, mais parce qu’elle pourra l’aider dans ses desseins : elle va aller donner une épée à Arthur en nageant sous l’eau afin d’impressionner de potentiels alliés d’Arthur. Ainsi nait la légende de la dame du Lac, et tout ce que fait Arthur sera dans la même veine, Myrrdin l’enjolive et le raconte à travers tout le pays pour forger la légende. On rentre dans le quotidien de Wynna, déguisée en garçon pour servir d’apprenti à Myrrdin et surtout, dans un premier temps, pour que personne en fasse le rapprochement entre la « Dame du Lac » et la jeune fille qui viens de débarquer! Le temps passant, Wynna ne pourra plus cacher sa féminité et redeviendra une jeune fille (après un long voyage pour ne pas dévoiler le subterfuge).

On se rend compte aussi au fur et à mesure, qu’Arthur n’est pas à la hauteur des espérances de Myrrdin et il ne restera que les légendes qu’il avait créées pour lui. C’est une belle histoire, plus que la déconstruction d’un mythe (ce que je craignais au début), c’est celle d’un vieil homme qui rêve de voir son pays sortir du chaos et connaître enfin la paix… Cet espoir sera deçu, mais la légende continuera à vivre, notamment grâce à Wynna et à la formation de barde qu’elle aura reçu auprès de Merlin/Myrrdin

Philip Reeve change ici d’univers, il était plutôt dans la science-fiction avant, et moi je le retrouve avec toujours autant de plaisir, cet auteur est vraiment étonnant, il sait à chaque fois créer un univers original et cohérent.

L’avis de Leiloona, tout aussi enthousiaste que moi…

Voilà, je vous remet cet article sur ce livre que j’ai vraiment beaucoup aimé car il rentre dans le cadre du swap o mythes!!

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Le clairvoyage d’Anne Fakhouri

26 Déc

9782841724482 Le clairvoyage d’Anne Fakhouri, L’Atalante (2008)

A la mort de ses parents dans un accident de voiture, Clara va vivre chez son oncle, le frère de sa mère. Il vit avec Bébé, tante fantasque qua tout le monde dit folle mais que Clara ne connait pas car ses parents et son oncle étaient fâchés.

Clara débarque dans un univers bien étrange et on se demande pendant un moment s’il passe réellement des choses étranges et fantastiques ou bien si c’est Clara, toute à son chagrin, qui les imagine. Ce roman fait référence au « Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare mais je ne l’ai pas lu alors je ne sais pas dans quelle mesure, je sais juste qu’on retrouve ici Puck sous la forme d’un corbeau-garçon et la reine des fées Titania.

Ce livre est un premier volume qui met pas mal de choses en place, les rapports de la famille de Clara avec les fées semblent assez complexes, une de ses tantes les a appelées sur sur son berceau et la mort de ses parents ne semble pas être étrangères à ces relations. A la fin elle partira avec des chasseurs de fée dans leur monde à la recherche de sa tante Bébé qui a été enlevée.

La fin dans le deuxième volume à paraître, très vite je l’espère! En tout cas, arrivée à la fin j’avais envie de relire ce livre car au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire, des éléments qui paraissaient insignifiants au premier abord prenaient une autre dimension.

Visiblement ce livre est paru dans une collection jeunesse, mais je dirais qu’il s’adresse à de grands ados et à des adultes, amateurs de fantasy, même si ici on flirt aussi avec le merveilleux…

En plus je trouve que la couverture est très belle, ce qui donne envie de l’avoir chez soi!!

Enfin! Le 2ème tome est chez moi, je devrais pouvoir en parler bientôt, j’espère que je ne serai pas déçue…

Huckleberry Finn de Mark Twain

22 Déc

9782907681681Huckleberry Finn de Mark Twain, nouvelle traduction de Bernard Hoepfner, éditions Tristram

A la fin de Tom Sawyer, Huck se retrouvait « civilisé » contre son gré par la vieille veuve Watson mais il fini par y prendre goût au début de ce roman qu’il raconte lui-même puisqu’il a appris à lire et écrire. Mais son père en a eu vent et vient l’enlever pour le séquestrer sur une île. Huck fini par s’enfuir par le fleuve et rencontre l’esclave de Miss Watson, Jim, en fuite car on veut le vendre…

Huck raconte ses péripéties sur le Mississipi avec Jim. Il va se rendre compte que Jim est un être humain, comme lui et va devoir le protéger à plusieurs reprises alors même qu’il se pose des questions sur ce qu’il doit faire et sur la justesse de sa démarche : en effet, il a grandi avec les esclaves et sait que ça n’est pas bien d’aider un esclave à s’enfuir…

Ce roman est un grand classique aux Etats-Unis (je l’ai appris à cette occasion) et il est présenté sur la quatrième de couverture comme étant le roman de la prise de conscience du racisme.

Je l’ai lu dans sa nouvelle traduction et, si je n’ai pas fait de comparaison approfondie avec d’anciennes traductions (j’ai comparé quelques passages), j’ai trouvé celle-ci vraiment très bonne. Le langage employé par Huck, dont l’éducation est toute récente, est assez approximatif.

Le traducteur a fait preuve d’imagination pour rendre ça. Les dialogues sont vraiment excellents, j’ai lu à plusieurs reprises des passages à voix haute à mon entourage (merci pour sa patience!!;-) tellement c’est jouissif! Évidemment, ceux qui lisent l’anglais ont certainement intérêt à le lire en VO, comme je les envie… C’est un livre vraiment plein d’humour et en même temps assez sérieux car il en va de la vie de Jim et Huck est en, pleine prise de conscience, aussi bien au niveau de l’esclavage qu’au niveau de sa vie car ils vont faire de nombreuses rencontres au cours desquelles il devra se positionner et chercher à agir au mieux. Ce voyage au cours du Mississipi est un véritable voyage initiatique pour lui.

En bref, c’est un roman que je vous recommande chaudement dans sa nouvelle traduction et surtout, il peut se lire tout à fait indépendamment de Tom Sawyer (que vous pouvez lire aussi, je l’ai lu l’année dernière, mais comme il y a aussi une nouvelle traduction, je vais peut-être le relire…). Les deux romans sont même assez différents.
La seule chose dont je n’ai pas compris l’intérêt, c’est que les titres des chapitres ont été enlevés pour n’apparaitre que dans la table des matières. Je ne m’en suis donc rendue compte qu’à la fin et ça m’a un peu énervée, pourquoi ne pas les avoir laissés en tête de chaque chapitre?

Voilà donc un livre que vous pouvez lire dans le cadre de deux challenges : lire en VO et lire des auteurs américains, bien sûr, je vous le recommande!!

Et si je n’ai pas réussi à vous convaincre qu’il faut absolument lire ce livre (et dans cette traduction, allez faire un tour chez Plaisir à cultiver vous y lirez autant de bien!!