Loula, il était une fois…

Il était une fois ou peut-être plusieurs fois… (Où il est question de lectures, de thé, de voyage et de jardinage)

L’Hôtel étrange de Philip Reeve 18 décembre 2009

Voilà une ancienne lecture que je transfère et qui est en parfaite adéquation avec mon thème du moment : le swap Eternal SF…

La famille Mumby, Art, sa soeur Myrtle et ses deux parents, sont invités à passer un séjour à Starcross, dans une station balnéaire, spatiale, bien évidemment. Art s’y rendra avec sa soeur et sa mère et ils découvriront qu’il s’y passe d’étranges choses… Ils vont alors mener l’enquête et se retrouver dans des situations pas possibles. Mais Myrtle n’en restera pas moins tout du long une jeune fille respectable et toujours bien habillée car même quand l’univers et l’avenir de l’humanité sont menacés il faut respecter les convenances. Surtout quand on est amoureuse d’un corsaire de l’espace…

Car l’humour et l’absurde sont au rendez-vous, y compris dans les illustrations qui entrent vraiment en correspondance avec le récit, l’auteur ayant visiblement pris plaisir à impliquer l’illustrateur dans son histoire.
Ce livre est le deuxième tome d’une trilogie dont le dernier tome est à paraitre (le premier est Planète Larklight). S’il est certainement préférable d’avoir lu le premier tome avant de se plonger dans celui-là (ce que je n’avais pas fait), on peut très bien comprendre ce livre sans avoir lu l’autre.
Comme toujours, l’univers créé par Philip Reeve, un mélange de steam Punk et de science-fiction, est très intéressant et cohérant. En revanche, si le plaisir est là, ce roman s’adresse plus aux ado qu’aux adultes, mais vous pouvez la lire quand même et passer un bon moment!

 

Confessions d’un automate mangeur d’opium de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit 25 novembre 2009

Paris, 1899.

Toute l’industrie est boostée par l’utilisation de l’ether, force dangereuse mais aussi prodigieuse qui permet toutes les folies steampunk de ce livre. On utilise machines volantes à tout va et les domestiques sont des automates.

Margo, jeune comédienne, décide d’enquêter sur la mort d’une ancienne maîtresse, Aurélie Couturier, sur le point de se marier. La presse parle de suicide, mais Margot n’y croit pas, surtout après avoir rendu visite à son père, un riche banquier qui semble intimidé par deux hommes à la mine patibulaire.

Elle va mener l’enquête avec son frère, Théo, psychiatre progressiste et trouver le secret de cette famille et les relations à l’opium et à une vieille expédition qui a mal tourné et qui a été étouffée. L’éther n’est bien sûr pas innocent, c’est d’ailleurs le sujet d’étude de Théo et le sujet de grandes perplexités…

Le tout se passe sur fond d’exposition universelle, grandiose, comme il se doit!

Alors vu comme ça, ça pourrait paraître bien, et d’ailleurs peut-être l’aimerez-vous, mais ce qui m’a gênée dans ma lecture, c’est le ton grandiloquent utilisé par les deux auteurs, ton qui m’a fait presque buter dans l’avancée de l’histoire que j’aurais trouvée certainement très bien racontée autrement… (l’histoire est racontée en alternance par Margot et par son frère)

J’ai découvert ce roman lors de ma quête de romans steampunk (que vous pourrez redécouvrir ici) et j’avais plutôt décidé de ne pas en parler. Mais là je m’y remet à cause du Challenge de GeishaNellie et de l’envie que j’avais de promouvoir ce genre en particulier, même si du coup ce n’est pas le meilleur livre pour ça!! Mais je sais qu’il existe par ici des fans de Fabrice Colin…

C’est pas grave, vous pouvez toujours relire mon billet sur Homonculus que pour le coup j’avais beaucoup aimé!!

 

L’aveu de Mary Elizabeth Braddon 19 novembre 2009

Ellinor Arden vient d’hériter de façon inattendu de son oncle, resté sans descendance. Mais il y a une condition pour ça, c’est qu’elle doit épouser Henri Dalton, protégé de son oncle afin qu’il profite aussi de cet héritage. Après hésitation et sur conseil de son tuteur, Horace Margrave, elle va accepter ce marché.  Mais l’immense fortune dont elle devrait jouir est totalement verrouillée par son mari et il freine à toutes les dépenses. Du coup le couple ne s’épanouit pas et un secret qu’Henri Dalton refuse de révéler semble en être la cause.

Voilà, ça y est j’ai lu mon premier Braddon (oui parce que si j’avais fait comme prévu mon billet sur mes aventures à la bibliothèque vous sauriez que j’en ai emprunté deux) et j’avoue que j’ai été petite joueuse sur ce coup là, mais c’est la faute à la bibliothèque, pas à moi!! J’avais vu qu’ils avaient deux livres de cette chère Mary et j’étais décidée à emprunter les deux et à lire ensuite celui qui me tenterais le plus. Sauf que le premier sur lequel j’ai mis la main faisait moins de 80 pages (l’aveu) et du coup j’allais pas faire la fine bouche, jai commencé par celui-là avant d’attaquer l’autre, plus conséquent.

C’est aussi pour ça qu’il n’y a pas de couvertures pour ce livre car c’est un cadeau de l’éditeur (Joelle Losfeld) pour l’achat de deux autres livres de la collection (et sur ce coup là on peut dire que c’est la bibliothèque qui est petit joueuse car ça veut dire qu’ils n’ont qu’un seul Braddon dans leurs rayons, je vais peut-être réclamer!)

Bref j’ai beaucoup aimé cette nouvelle (?) et je me suis plongée aussitôt dans mon roman (Henry Dunbar, ce qui me permettra à l’occasion de râler contre les gens qui font les 4ème de couv, mais bon, c’est pas comme si on n’avait pas l’habitude!). Je trouve que c’est bien construit, les personnages ont des personnalités intéressante et j’ai trouvé ici une petite touche d’humour que je vous livre telle quelle :

“Ma chère madame Dalton, c’est une conversation d’enfant, sur le bonheur et le malheur : deux mots qui ne sont employés que dans un roman féminin, où l’héroïne est malheureuse pendant deux volumes trois quarts, et immanquablement bénie dans le dernier chapitre.”

je vous laisse deviner la teneur du dernier chapitre…

Il me reste donc à remercier Lou sans qui je n’aurais jamais eu connaissance de cet auteur (mais je ne dirais jamais assez que j’ai découvert Wilkie Collins lors du Victorian swap et grâce à elle et Cryssilda et du coup j’avais forcément un a priori positif sur un autre auteur de la même période) et je suis plutôt contente de ce que je suis en train de lire!

 

Homunculus de James P. Blaylock 11 août 2009

729928_M« Sa taille, dit-on, n’excède pas vingt centimètres. Il serait omniscient et omnipotent, capable d’abolir les frontières de la vie, de la mort, du temps. Seuls quelques initiés, en cette fin de XIXe siècle, connaissent son existence. Seulement voilà : l’homoncule, cette prodigieuse créature, est pour l’heure prisonnier d’une mystérieuse cassette. Quiconque se l’appropriera héritera du même coup des clés de l’éternité. Hélas! La fameuse boîte a disparu…

Commence alors, sur fond de fog londonien, une course-poursuite délirante entre les suppôts du Mal- un acnéique paranoïaque, un milliardaire dépravé, un savant fou et bossu, une poignée de zombis- et les forces du Bien – un club de scientifiques très peu préparé à leur rôle de justiciers… »

Je vous livre exceptionnellement le résumé de l’éditeur car ce livre est très dur à résumer!! Il me fait penser à du Dumas ou du Eugène Sue, mais avec des inventions de science-fiction délirante! J’ai d’ailleurs mis longtemps à identifier les zombis comme tel car bien sûr, ce mot n’est pas écrit tout de suite dans le roman. C’est un roman qui ne se prend pas au sérieux et qui m’a fait bien rire par moment. J’ai eu du mal à le trouver car il est malheureusement épuisé alors qu’il est à la base de ce fameux courant steampunk créé par Powers, Blaylock et Jeter, justement pour se moquer du cyberpunk.

C’est une réussite et j’attends maintenant beaucoup des deux autres romans fondateurs de ce genre qui eux ne sont pas épuisés!! (Et qui m’attendent bien sagement à la maison:)

Pour ceux qui seraient tentés par une lecture, n’hésitez pas à vous renseigner dans vos bibliothèques, j’ai trouvé mon exemplaire à la réserve centrale de la ville de Paris… Et puis, finalement, seule la traduction française est épuisée!

 

Arthur et George de Julian Barnes 13 juin 2009

Classé dans : Les livres, Mes lectures, au jour le jour. — Loula @ 04:19
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9782070348527Arthur et George sont en fait Arthur Conan Doyle et George Edalji. Le deuxième nom ne vous dira peut-être rien mais c’est visiblement une histoire vraie qui à défrayé la chronique comme l’affaire Dreyfus chez nous.

George Edalji est accusé d’une affaire de meurtres de chevaux, mais a toujours clamé son innocence. Il aurait été plus vraisemblablement accusé en raison de son origine indienne… Il a alors fait appel à Conan Doyle pour l’aider à se faire réhabiliter, comme il arrivait couramment depuis les succès de Sherlock Holmes. Contre toute attente, Conan Doyle se passionne pour cette histoire.

L’auteur nous raconte l’histoire de ces deux personnages depuis l’enfance et on met très longtemps à arriver à l’intrigue annocée en grande pompe sur la 4ème de couverture… Je n’ai pas réussi à me passionner pour ce livre, principalement à cause des deux personnages pricipaux qui ne sont pas sympathiques pour deux sous… Ce qui est marrant, c’est que j’avais lu le résumé qui mentionne Conan Doyle quand j’ai reçu le roman et quand je l’ai lu un mois plus tard, j’avais oublié qui était le “Arthur” et l’ai redécouvert quand il a commencé à écrire!!

Malgré tout, je l’ai lu il y a 6 mois et il est encore extrèmement claire dans mon souvenir, ce qui n’est pas toujours le cas!

Ce livre est le seul qu j’ai lu sur le colis de Victorien Christmas envoyé par Cécile, j’ai honte, d’autant qu’elle m’en avait recommandé un des autres chaudement…. Je participe à trop de swap, il faut que je me soigne!!

En tout cas merci de cadeau !

 

Sans parler du chien de Connie Willis 30 décembre 2008

Sans parler du chien ou Comment nous retrouvâmes enfin la potiche de l’évêque de Connie Willis

9782290324912Au XXIème siècle (tiens, mais c’est maintenant ça, non?) le voyage dans le temps est une pratique courante. Mais il a été abandonné aux historiens dès qu’il a été établit qu’on ne pouvais pas rapporter d’objets du passé et les crédits font cruellement défaut puisqu’aucun profit n’est à espérer…

Lady Schrapnell a justement de l’argent à donner en contrepartie de quoi elle envoie des historiens faire des sauts dans le temps afin de reconstruire la cathédrale de Coventry à l’identique, avant sa destruction pendant un bombardement de la seconde guerre mondiale. Ned Henry, un historien réquisitionné pour l’occasion souffre d’un déphasage aigu en raison de trop nombreux sauts dans le temps. C’est pourtant le seul disponible pour aller aider une autre historienne, à réparer un paradoxe temporel qu’elle a causé en sauvant un chat de la noyade en 1888.
Voilà donc nos deux héros à l’époque victorienne, en train d’organiser des kermesses et de discuter spiritisme et poissons de collections pour essayer de former les couples qui auraient dû se former et de défaire celui qui s’est fait à la place. Tout ça en essayant de retrouver la potiche de l’évêque et de comprendre comment une telle incongruité temporelle est possible, l’enjeu étant rien moins que l’avenir du monde libre.
Ce roman a été un vrai plaisir de lecture, une découverte due au swap victorien (ne cherchez pas, il n’était pas dans mon colis), je ne regrette pas de l’avoir gardé celui-là! L’histoire est un mélange entre science-fiction (avec principalement les sauts dans le temps et les paradoxes temporels) et roman victorien car finalement 90% du roman se passe à cette époque avec tous les personnages qui en viennent. On n’a finalement pas tant qua ça l’impression de lire de la S-F. C’est aussi une énigme et une enquête.

L’auteur fait beaucoup de références littéraires, à « Trois hommes dans un bateau » au début car c’est de là qu’elle tire son titre (j’ai d’ailleurs envie de le lire maintenant…), à Agatha Christie pour les enquêtes et les énigmes justement mais aussi, et là je sens l’attention de certaines se réveiller, à Wilkie Collins (que je ne connaissais pas du tout il y a encore un mois, je pense que je vais devoir m’y mettre aussi…). Pour ce dernier, attention tout de même la fin de son livre « Pierre de lune » y est racontée, ce qui m’enpêchera de découvrir par moi même le roman que l’on considère comme le premier roman policier anglais. Pour compléter le tout, il y a beaucoup d”humour dans la narration et très peu de temps morts…

Bref, une lecture que je vous recommande chaudement et qui fait partie, vous l’aurez deviné, du courant steampunk! Mot qui fait tout à fait barbare à côté des moments si victoriens et civilisés que ce livre m’a fait passer…

Edit du 26/05/09 : à la reflexion, même si j’ai trouvé ce livre sur une liste de livre qui rescence des titres de steampunk , je ne suis quand même pas sure qu’on puisse vraiment dire que ce livre fait parti de ce courant car pour moi le postulat de base du steampunk c’est que ça se passe dans une époque victorienne futuriste, là ce n’est pas du tout le cas puisqu’il s’agit d’un voyage dans le temps et que l’époque victorienne est tout ce qu’il y a de plus victorien!