Archives de Tag: Roman & graphisme

Le maître des Chrecques de Walter Moers

26 mar

9782755703245Echo est un mistigriffe, une sorte de chat avec deux foies. Alors qu’il est seul et abandonné dans Sledwaya, il va rencontrer Succubius Eisspin, maître des Chrecques de la ville, qui va lui proposer un terrible marché : le nourrir de façon abondante et raffinée pendant un mois en échange de sa graisse : en effet, Eisspin collectionne les graisses de différents animaux pour les intégrer ensuite dans ses préparations (il est alchimiste). Passés les premiers jours où Echo se retape un peu, il va essayer de se libérer de ce terrible pacte en cherchant l’aide là où on l’attend le moins.

Une histoire pleine de rebondissements, on se laisse facilement entrainer par l’alternance des explorations d’Echo dans la gigantesque demeure et les séances d’initiation à l’alchimie faite par son nouveau maître. En plus c’est plein d’humour, les amis qu’Echo va se faire, un hibou et la dernière Chreque de la ville vont l’aider chacun à leur façon mais pas comme on s’y attendait! Tous les personnages sont assez fouillés et on s’attacherait presque au terrifiant maître des Chrecques qui cache aussi une histoire terrible. Mais ici, il ne faut pas se fier aux apparences, même si l’auteur non mène par le bout du nez, du début à la fin! En plus il a fait lui-même les illustrations…

Du même auteur dans le même univers : La cité des livres qui rêvent, que je n’ai pas lu mais qui parait-il est aussi très bien…

Un autre avis ici

Le diable abandonné de Patrick Corillon

16 mar

Le diable abandonné tableau un : la Meuse obscure et tableau deux : la forêt des origines de Patrick Corillon

97823528902631Ce roman ressemble un peu à un conte. Un fils refuse de reprendre le théâtre de marionnettes de son père (théâtre sans marionnette car elles ont été brûlées pendant la guerre) et pars sur les routes pour trouver ce qu’il aura à dire à la face du monde et non pas caché derrière un théâtre de marionnettes…
Il va rencontrer le diable qui va lui proposer un pacte : lui donner les mots qu’il cherche, mais en échange il prendra ses dernières paroles. Bien qu’il se méfie, le fils (qui n’a pas d’autre nom) accepte. A partir de là il va errer d’aventures en aventure car il à trouver l’âme sœur, Elise, mais il ne veut pas qu’elle pâtisse de son propre pacte avec le diable. L’auteur fait preuve de beaucoup d’imagination et nous croisons dans ce livre un guide de la Meuse obscure (alors que lui est à la recherche d’un livre délavé) qui s’adapte à toutes les situations, un peintre qui rend hommage au passé de guerre de la Meuse (et ensuite les autorités décrètent que la réalité doit correspondre à l’art et tant pis si dans le tableau un village est en feu, les habitant doivent s’adapter!) et surtout, j’ai particulièrement adoré, « une étude lexicale comparative de la géographie des dernières paroles de sujets francophones » qui permet de savoir à quel paysage pensait la personne quand elle a dit ses derniers mots. « s’y trouvaient répertoriés tous les mots-finalement très réduits- que l’on peut dire ou écrire à l’heure de sa mort. L’auteur était parti du principe que nos dernières paroles sont chargée des paysages où l’on a vécu le plus intensément. Chaque mot, par sa sonorité ou la forme de ses lettres, renvoie à un caractère particulier de ces paysages. » Le tout est superbement illustré par l’auteur lui-même d’une façon qui s’inscrit très bien dans le récit et qui y participe.

La voleuse de livres de Markus Zusak

26 jan

(Je vais faire petit à petit le transfert d’articles de mon ancien blog à ici. Pour leur donner une seconde vie, je vais d’abord les publier à la date courante et ensuite, je les remettrai à la date d’origine.)

Pour commencer à alimenter cette rubrique, je vais revenir sur d’anciennes lectures…

La voleuse de livres de Markus ZUSAK

Lu en avril 2007.

En cette année 1939, Liesel Meminger est une petite fille pauvre. Si pauvre que sa mère, communiste dans l’Allemagne nazie, est obligée de la confier à une famille d’accueil et que son petit frère mourra de faim pendant le trajet. Le couple qui l’accueille, Hans et Rosa Huberman est un couple d’allemands ordinaires, ils ne sont pas pour le nazisme, mais n’ ont pas l’air d’être contre non plus, si ce n’est qu’ Hans refuse de s’inscrire au parti et de continue à peindre ( il est peintre en bâtiment) les murs des familles juives. Liesel va peu à peu apprendre à les connaître et à les apprécier, en même temps qu’elle va découvrir la lecture, elle qui ne savait pas lire à son arrivée chez les Huberman.

Cette histoire n’est pas gaie, d’ailleurs c’est la mort qui la raconte. Elle a rencontré Liesel à diverses occasions et lui a volé le livre qu’elle écrivait pour retracer sa vie. L’avantage, c’est qu’elle ne nous ménage pas et qu’elle nous annonce d’avance qui va mourir dans l’entourage de Liesel, c’est-à-dire, tout le monde… La narration est enlevée et plaisante, la mort est assez cynique par moment, et quelques originalités viennent la renouveler, tels les phrases mises en avant, comme des paragraphes qui se détachent du corps du texte. On trouve aussi deux récits imagés, écrits pour Liesel par Max, le boxeur juif que les Huberman se retrouvent à cacher presque par hasard dans leur cave.

Ces récits donnent d’ailleurs un ton un peu moralisateur et « plein de bons sentiments » à l’ensemble du roman qui par ailleurs dénonçait un peu plus subtilement le nazisme et mettait en avant la nécessité de solidarité et de désobéissance civique.

L’ensemble est plaisant mais je ne peux m’empêcher d’éprouver le sentiment d’avoir été en quelque sorte manipulée : ce roman semble construit pour être un best seller, j’ai l’impression que la recette à été bien suivie, mais que le résultat n’a pas la saveur escomptée. Mais peut-être est-ce dû à tout le rabattage médiatique sur ce livre qui m’a énervé et donné un a priori négatif dont je n’aurais pas su me débarrasser pendant la lecture. Mais peut-être pas…

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